DOYELLE, Luc -L’ennui du mort-vivant

DOYELLE, Luc -L'ennui du mort-vivant

 

« Tout le monde a, dans son entourage, un ou plusieurs tueurs en série (serial killers). C’est du dernier chic dans les salons mondains.
Mais connaissez-vous les tués en série (serial killed) ? Ah, on fait moins le malin, hein ?
Oui, je sais, vous allez me dire : ça n’existe pas. Personne ne peut mourir plusieurs fois.
Vraiment ?
Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un casse-couilles de classe mondiale, un alcoolo de premier ordre, surnommé le vrai con malté.
Peut-il, à l’instar des chats, posséder neuf vies ? Ou s’épuisera-t-il avant ?
Une seule façon de le savoir : se jeter sur « L’ennui du mort-vivant ».
À vos risques et périls.« 

 

L’avis de Telesia:

Un grand merci à Luc Doyelle, auteur de L’ennui du mort-vivant, qui a eu suffisamment confiance en moi, une inconnue à peine débarquée sur internet, pour me confier son oeuvre en l’échange d’une chronique. Comme promis, la voici, tout aussi sincère que je puisse le faire -Telesia. 

Découvrir Luc Doyelle, ce n’est pas chose aisée! Il vous largue L’ennui du mort-vivant en pleine tronche et vous, vous plongez dedans sans même penser aux conséquences… Plus belle erreur de votre vie. Vous auriez au moins pu prendre le temps de vous échauffer! Bah oui, c’est logique: vu comme la lecture de son bouquin vous fait travailler les abdos, bonjour les courbatures! Dans un roman à allure policière, Doyelle intègre une gigantesque dose d’humour à travers des personnages hilarants et attachants. Mais rien n’est laissé au hasard, et chaque ligne est importante: si vous souhaitez une lecture calme, sans prise de tête, loin de toute réflexion, passez votre chemin.

 

C’est avec une plume fluide, jeune, agréable et maîtrisée que Luc Doyelle rédige son roman. En contraste avec l’humour omniprésent qu’il impose, il sait user d’un vocabulaire plus soutenu. Aussi est-il certain qu’il n’est pas ici question d’un roman peu réfléchi, mais bien d’un écrivain affirmé digne du nom. Sans aucun doute, certains auraient tendance à trouver les personnages très peu développés, les actions sans grand fondement, l’intrigue beaucoup trop extravagante. Certes, Doyelle nous fait grâce des longues descriptions, des profondes introspections, ou encore des flashbacks de cinquante pages. Il nous en fait grâce, et il a bien raison. Qui lie belle plume à humour mordant ? Sans compter qu’il s’agit là d’un comique très moderne, et peu compatible avec les formules -accordons-le indéniablement puissantes- de nos auteurs classiques Français. Tout de même, il y fait au moins référence, de par son style qui lui est propre: « Le spiqueur embraye sur le prochain déplacement du président en kayak, à l’autre bout du pays, lorsque mon téléphone décide qu’il est temps de lui clouellebecq« .

Quoi qu’il en soit, le récit, malgré le manque de profondeur des personnages, donne une allure tout à fait réelle à l’ensemble. En effet, la narration à la première personne, les syntaxes courantes et les dialogues familiers rendent le tout assez réaliste: les scènes pourraient très bien se dérouler sur la place principale de votre ville que vous ne trouverez pas leurs phrases étranges -la comparaison est futile, mais en général, les dialogues sont quand même assez soutenus à l’écrit, ça fait partie des conventions. D’ailleurs, l’auteur y fait allusion à travers ses personnages à la fin de son récit, lorsque Lucius fait remarquer à Jad qu’il a sûrement pris des leçons du soir, pour sortir un tel vocabulaire.

Lucius et Jad, ce sont les personnages de Doyelle. Il y en a d’autres, mais ces deux-là sont quand même assez spéciaux. Lucius Von Lucius est notre fameux narrateur. C’est un personnage carrément… virevoltant: il fonce sans mesurer les conséquences de ses actes, et ne fait que les constater plus tard; peu lui importe de briser son téléphone, ou celui de sa petite amie, de négliger les limites de vitesse, les freins de sa voiture, ainsi que l’automobiliste devant… puisqu’il a autre chose de plus important à considérer. N’en faisons pas une généralité, il sait tout de même être sérieux. Et là est tout l’intérêt du personnage et du déroulement de l’histoire.

 

D’ailleurs, il ne faut pas oublier que L’ennui du mort-vivant est avant tout un polar, Luc Doyelle l’affirme lui-même! Alors pourquoi avons-nous l’impression d’avoir embarqué dans une histoire égyptienne sans fondement rationnel ? Un tué en série ? Et puis quoi encore ? Pour ajouter au mystère, l’agencement des chapitres, le changement de point de vue -et d’époque- entre les chapitres est bluffant. On croit en premier lieu à des allers-retours entre passé et présent… Que nenni! Quelques fois, nous avons droit à la vision du grand vizir, un individu particulier qui semble accomplir la volonté de Rê. Qu’en-est-il réellement ? Ces passages sont-ils des aperçus du passé ? des scènes se déroulant ailleurs sur la planète ? ou autre chose encore ? Il y a beaucoup de non-dits dans ces chapitres, et il est parfois difficile de faire le lien entre les événements.

 

Le roman de Luc Doyelle est un chef-d’oeuvre. Il a réussi à conserver un humour constant, écrasant, et pour autant si agréable qu’il en paraîtrait léger. Destiné à tout lecteur, L’ennui du mort-vivant nécessite néanmoins un minimum de réflexion afin d’assurer une compréhension totale. Mais sans aucun doute, cela fait partie du jeu.

 

Note: 19/20

« Et tu crois m’impressionner ? C’est seulement la douzième fois qu’on récupère son cadavre, que tu vas laisser filer, comme d’habitude! » ~Lucius Von Lucius

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. CelebAngel dit :

    ça c’est de la chronique ! Chapeau bas 😉
    Je comprends qu’elle plaise à l’auteur !

    En tout cas, tu as réussi à m’intriguer. Je vais jeter un oeil à ce roman.

    PS: Merci pour la recommandation sur Simplement ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Merci Celeb! Je voulais délivrer quelque chose de bien, surtout que j’ai vraiment aimé ce roman. Si tu le lis (ce que je te recommande vivement du coup), j’attendrai avec impatience ta chronique 😉

    De rien pour la recommandation, j’en parlais justement en réponse à ton dernier message sur mon suivi 🙂

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