HOBB, Robin -L’assassin royal, T3 -La Nef du crépuscule

HOBB, Robin -La nef du crépuscule

 

ATTENTION, CET ARTICLE PEUT CONTENIR DES SPOILERS CONCERNANT LE PREMIER TOME DE LA SAGA!

« Ravagé, pillé, le royaume des Six-Duchés plie sous le joug de l’envahisseur. Les navires de guerre ne parviennent plus à tenir les pirates rouges en respect. Dans le pays, les dissensions éclatent entre les duchés côtiers, qui doivent supporter les incessantes attaques de l’ennemi, et les duchés intérieurs qui se désintéressent de leur sort. La cour elle-même, où le vieux souverain est manipulé par Royal, n’est plus qu’un théâtre d’intrigues où règnent en maîtres le soupçon, la traîtrise et le mensonge. Aussi le prince Vérité décide-t-il d’entreprendre une quête insensée : aller trouver les anciens, par-delà les montagnes, pour leur rappeler leur serment de venir en aide au royaume dans ses heures les plus sombres…« 

 

L’avis de Telesia:

Après un second tome très politique, au cours duquel une concentration immense était demandée, ce troisième volume, un peu plus explicite, est peut-être plus simple à suivre. Cette fois-ci, on parle rapidement du cœur du sujet: maintenant que toutes les bases et fondations sont posées, que les intrigues et questionnements ont eu le temps de reposer en nous, attaquons-nous à la décoration, tant extérieure qu’intérieure; commençons à démanteler les affaires de l’ombre. Voilà ce à quoi correspond La Nef du crépuscule.

 

La transmission des émotions est toujours aussi particulière, et sans aucun doute d’autant plus forte que Robin Hobb y ajoute sans cesse une touche personnelle d’humour, celle qui donne l’impression de connaître véritablement les Six-Duchés et FitzChevalerie. L’argument qui suit est très personnel, et différera certainement selon le lecteur, mais il semble qu’il soit simple et naturel de s’attacher à Fitz, de s’y assimiler. Dans ce volume, on sent qu’il s’affirme encore plus. Il connaît sa place dans le chateau et s’en fait respecter. Malgré son rang de bâtard, il est de sang royal. Et désormais, rares sont ceux qui ne le reconnaissent pas. FitzChevalerie connaît les manières de la cour, est proche du roi-servant et de sa reine, intégré auprès des gardes et du peuple de Cerf. Il a sa place à Castelcerf. De plus, et à la grande satisfaction de son entourage, Fitz impose de plus en plus sa puissance spirituelle. Ses compétences en tant qu’assassin ne sont plus à contester. Sa maîtrise du Vif non plus -et même Burrich devra le reconnaître. Pour ce qui est de l’Art, son lien avec Vérité de plus en plus renforcé détruit peu à peu les contraintes posées par Galen.

En ce qui concerne le fameux complot dont tout le monde parle… Nous n’en avons toujours pas l’assurance, soyons bien clair. Pour se remémorer les choses, rappelons que nous soupçonnons Royal d’être à la base d’un complot d’une envergure non négligeable. Néanmoins, les événements de  La Nef du crépuscule laissent douter. On parle de ce complot depuis beaucoup trop longtemps. Royal est en première ligne depuis le tout début du tout premier tome. Quelque chose n’est pas logique. A chaque fois qu’un nouvel élément nous parvient, il ajoute à notre confusion. Là est toute la puissance de Robin Hobb: elle nous plonge dans un tourbillon de mystères et de conventions; nous fait déambuler dans un labyrinthe dont la solution ne nous est donnée qu’à l’arrivée à la sortie… Et si la suspicion de Royal était une fausse piste ? S’il n’était qu’un prince arrogant et capricieux ? Si tout était bien plus complexe que ça…?

Toujours en haleine, le lecteur émet des hypothèses sans savoir laquelle est la plus plausible. Les doutes vont et viennent, ils détruisent tout argument et affirment des théories impossibles. Ni Umbre, qui s’efface de plus en plus; ni Vérité, qui s’est éloigné; ni Subtil qui, malade, a du mal à communiquer; ni la reine-servante ni Patience, spectatrices effacées malgré elles; ni même le fou, tenu à l’écart… Toutes ces personnes sont incapables d’éclairer le fils de Chevalerie et ses autres alliés. Ils ne peuvent que tenter d’avancer ensembles sans se voir séparés les uns des autres. Si seulement.

 

Encore une oeuvre de Robin Hobb pleine en émotions. Il est difficile de se détourner de sa lecture d’un tome. Il n’empêche, il semble bénéfique d’espacer chaque volume de quelques temps afin de pouvoir digérer chacun d’eux. L’Assassin Royal pose une pression assez étrange sur le lecteur, appréciable mais tellement…réelle.

 

Note: 18/20

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