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ATTENTION, CET ARTICLE PEUT CONTENIR DES SPOILERS CONCERNANT LE PREMIER TOME DE LA SAGA!

 

« Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière, mais son contact avec la mort lui a laissé d’inaltérables séquelles. Revenu à Castelcerf, il retrouve celle qu’il a aimée, mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner irrémédiablement. Car, autour de lui, la Cour fourmille d’intrigues, les menaces se resserrent, la mort rôde.

Il a pourtant quelques alliés dans la place: un prince qui lui fait découvrir les mystères d’une magie toute-puissante, un maître-assassin qui lui veut malgré tout du bien, et un loup, avec qui il partage un lien étrange et périlleux… »

 

L’avis de Telesia:

« Avec un art consommé du suspense et cette connaissance du coeur humain dont elle a le secret, Robin Hobb nous plonge une nouvelle fois dans une extraordinaire et merveilleuse aventure située très loin du monde où nous vivons, mais que nous sentons pourtant très proche de nous par son intimité et irrésistible universalité. » -Editions Pygmalion

 

A la manière dont la perspective du combat, lancé pour défendre son pays, enivre le soldat patriote, le second récit que nous livre FitzChevalerie atténue les sens afin de mieux nous plonger dans le monde des Six-Duchés.

Suite au premier tome, une certaine évolution des personnages est visible, et l’on voit petit à petit se dégager l’ébauche d’une micro-société au sein de la cour; société qui possède ses propres piliers, voûtes, toits et corrosions.

Vérité est l’un de ces piliers, ce n’est une surprise pour personne: il fut présent plus que par une promesse de sécurité aux côtés de Fitz; il était . Comme un père. Comme Patience, qui tout au long du roman, ne cesse de continuer ce pour quoi elle est revenue à Castelcerf: endosser son rôle de (belle-)mère.

Mais si ces deux membres de la famille royale sont indispensables à la survie du rejeton de Chevalerie, n’oublions pas l’auteur de tous les évènements auxquels nous assistons: le fou. Il nous l’a déjà dit au cours du premier tome: s’il est là, c’est parce que Fitz « crée[…] des possibilités« . Sans lui, l’issue de L’assassin du roi serait bien différente. Personnage à ne pas négliger, il conserve un poid non négligeable dans la tournure que prennent les évènements…

Mais parlons de FitzChevalerie…

On se met souvent à sa place, on vit avec lui et, de manière étrange, la sensation se rapproche de l’idée que l’on peut se faire de celle que lui-même ressent, alors qu’il utilise l’Art avec Vérité, ou le Vif avec Oeil-de-Nuit… D’ailleurs, la proximité entre ce dernier  (le loup qu’évoque la quatrième de couverture) et Fitz me fait étonnamment et sans cesse penser à celle décrite dans l’oeuvre de Chrétien de Troyes, Yvain, le chevalier au Lion.

Le roman dans son ensemble est certes assez plat, monotone et sans action pour qui ne saurait reconnaître la véritable ampleur du récit. Beaucoup de suspense ne cesse d’aller et venir entre les lignes. Le lecteur a pour impression de toujours retenir sa respiration, sans jamais la relacher jusqu’à la dernière page; mais cette fois, contrairement au tome précédent, on ne s’attend aucunement à un éclat soudain, ou à un retournement de situation qui nous laisserait haletant.

Le récit a en réalité une toute autre dimension: il est stratégique, politique… On se croirait presque devant le suivi très  détaillé d’une partie d’échec et, peu à peu, se dessine le schéma d’un complot de plus en plus étendu.

Fourberies: coups dans l’ombre… Lorsque le fou explique à Fitz le principe des devinettes, les proportions du jeu s’étendent finalement à toute la Cour.

Pour terminer, je sais que le second tome original a été sectionné en plusieurs volumes par les éditions françaises. Ainsi, on croirait, au vu de cette lecture, que cette première partie pose les bases de révélations que nous attendons avec impatience. C’est ici que, malheureusement, je pose un bémol: la coupure entre les deux volume est regrettable, et il serait peut-être plus satisfaisant de lire l’intégralité du tome deux original d’une traite.

 

Note: 17/20

 » […] une imperceptible trace de son parfum subsistait sur ma chemise, […] et j’étais dans les affres de l’indécision: devais-je porter son parfum sur moi, ou la ranger précieusement dans mon coffre à vêtements pour la préserver ? »

 

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